#VendrediLecture : la rétrospective qui n’en finit pas

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Je vais tâcher de mettre un coup de collier pour finir ce tour d’horizon de mes lectures 2013, parce que bon, ça fait négligé.

L’année dernière, à peu près à la même époque, je lisais un des événements fantasy 2013, à savoir le premier tome du Nom du Vent. L’auteur Patrick Rothfuss revendique une fantasy “non-épique”. Et effectivement, le rythme est lent, on suit le héros – le fameux rouquin Kvothe dont vous avez sans doute entendu parler si vous êtes amateur du genre – dans sa progression depuis son plus jeune âge.

Si on peut reprocher cette lenteur, ce n’est pourtant pas ce qui m’a finalement empêché d’accrocher à ce pavé adulé par la critique. J’ai été rebuté par le personnage de Kvothe, doué en tout. Qu’il joue du Luth, qu’il s’initie à la magie, qu’il survive comme un mendiant dans la rue, il est le meilleur. Il développe des talents hors du commun de manière systématique. Ce qui ne l’empêche pas de rencontrer l’échec, le ridicule ou plus fort que lui. Mais cette excellence, qui lui permet d’être le plus jeune à faire ceci ou faire cela, m’a semblé véritablement artificielle. Le côté “petit prodige agaçant” que pouvait avoir Hermione Granger dans les Harry Potter ne transparait pas du tout ici puisque Kvothe est un personnage solitaire, et que ses rares amis sont des personnages autrement moins marqués que les sidekicks de Harry.

Bref, tout ça pour dire que je n’ai pas partagé l’enthousiasme généralisé pour ce gros bouquin et que ses suites ne me tentent pas. Désolé, au passage, à qui me l’a offert.

Il y a eu quelques BD également en 2013. J’ai notamment rattrapé mon retard sur une série pour laquelle j’éprouve, comme beaucoup, une grande tendresse : Lou.

J’en ai déjà parlé ici et j’étais très content de me replonger dans l’univers de cette enfant devenue ado. Une série pour filles ? Non, une série intelligente, tout simplement. Le tome 5, Laser Ninja, est dans la directe continuité des trois précédents. La narration s’y poursuit entre tendresse et coups durs, donnant à l’ensemble un ton doux-amer qui a fait, je pense, le succès de la série.
Le tome 6, en revanche, a laissé pas mal de monde sur le carreau. L’âge de cristal part dans un onirisme oscillant entre réalité et science-fiction assez déroutant de prime abord. Le récit n’est clairement plus dans la continuité des précédents, aussi bien dans sa chronologie (quelques années séparent l’action du 5 et du 6), que dans son style. Mais finalement, il correspond à l’état d’esprit de l’héroïne maintenant adolescente, entre vie rêvée, retour à la réalité, espoirs, déceptions. L’âge de cristal, s’il est celui d’une fragilité, est aussi l’âge des possibles.

J’ai enchaîné ensuite sur le premier Cycle de Mayam, avec ses 3 tomes : La Délégation Terrienne, Les Larmes Du Désert, Les Ruines De Dieu. Je dois avouer, à ma grande honte, que ces livres ne m’ont pas laissé un an après, de souvenir impérissable. J’ai plus envie de relire Et l’homme créa un Dieu, de Frank Herbert, qui traite des mêmes problématiques, mais avec plus d’élégance. Bon, Herbert,quoi… Il y a un quatrième tome, que j’ai pas spécialement envie de découvrir, vu que ce serait juste pour connaître la fin de l’histoire – et comme j’ai oublié le début…

IAN est une BD bien plus enthousiasmante, tant pour son histoire que pour son graphisme – que d’aucuns trouveront classique. Avantage : les dessins ne rebuteront a priori personne. Je ne suis pas spécialiste de dessin, mais il y a de vraies superbes images dans ces planches. Alors que j’adore dévorer les BD à toute allure pour découvrir l’histoire, je me suis surpris à fouiller les détails des illustrations et à contempler les pages grands formats. Du beau, vraiment. IAN est une intelligence artificielle neuromécanique. Comprendre, un robot. Ses capacités physiques le placent au dessus des meilleurs athlètes et le commun des mortels appréhende difficilement la portée de son intelligence. Mais derrière ce portrait parfait se cache un être à la moralité en construction, un enfant qui a du mal à distinguer le bien du mal, à gérer ses sentiments, ses relations au monde qu’il l’entoure et le rôle qu’il doit y jouer. Car IAN va jouer un rôle important dans la société où se déroule l’œuvre, société pas si étrangère de la notre, dans la grande lignée des dystopies réalistes chère à la SF. Je ne vous en dis pas plus, afin que vous conserviez le plaisir de la découverte, mais voila une histoire noire et riche sur l’identité, la conscience et la morale (autant de thèmes que la SF a traditionnellement abordé sous des jours faussement ludiques).

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