I will survive

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Ce n’est pas qu’un hymne sportif…

I will survive, en français Je survivrai comme l’ont chanté Régine1 et Larusso, c’est à la base un titre disco, sorti en 1979 un peu dans l’indifférence générale, puisque comme bien des tubes planétaires, c’était à l’origine… une Face B (de l’assez bof Substitute).

Est-ce pour cela que le titre est si atypique dans la production de l’époque : pas de chœurs, Gloria Gaynor assurant seule le boulot, pas d’accélération et donc de modification du timbre de la chanteuse, des arrangements assez clairs en comparaison avec les nappes et les sur-instrumentations surchargées qui sont le lot commun dans cette fin des années 70.

Toujours est-il que comme Belle île en mer, Marie Galante de Voulzy, I will survive est d’abord une face B. Il faudra l’attention des DJs de club pour remarquer que cette bombe.

Extrêmement populaire, la chanson va connaître son lot de parodies, et de reprises. Certaines ne méritent même pas la bande sur laquelle elles furent enregistrées, comme celle de Hermès House Band qui transformera cet hymne à l’émancipation féminine en chant de stade – je n’ai rien contre les chants de stade, mais là, y a pas d’effort.

On passera également sur la version de Diana Ross, dont l’orchestration très 90s a pris un coup de vieux. Le clip rappelle cependant la fierté que porte I will survive et qu’il a été largement repris par la communauté LGBT – et en cela il mérite le détour, d’autant qu’il se dégage de ce clip un côté bon enfant très sympathique (faut juste pas avoir peur du strass 😉 ). A contrario, la reprise R’n’B de Chantay Savage se prend bien trop au sérieux – j’ai souvent cette impression avec le R’n’B, d’ailleurs.

Attardons-nous plutôt sur l’arrangement proposé en 1996 par Cake, sur son premier album Fashion Nugget. J’ai découvert le titre – et tout l’album – dans les rayons d’une grande surface culturelle autrefois réservée aux cadres. Béni sois-tu, vendeur qui décida de diffuser ce bijou dans ton magasin !

Cette reprise, sachez-le, n’a pas les faveurs de l’interprète originale : elle comporte en effet des gros mots et c’est quand même un peu ouh lala. Bon.

Puisque c’est un homme blanc (a priori hétéro) qui chante et non plus une femme noire, la chanson perd de son sens militant ; pourtant le clip – encore tourné en 4:3 cinémascope – joue sur la dérision : le chanteur-narrateur mène une vie minable de policier new-yorkais assigné à l’une des tâches les plus ingrates qui puisse échoir aux forces de l’ordre… Tu parles d’une survie !

Je n’ai hélas pas trouvé de version complète (non-pirate) de la chanson qui propose le solo de trompette in extenso, et c’est dommage : avec le solo de guitare mono-note, ce cuivre est l’une des marques de fabrique de Cake et de cette reprise.

Petit détour par l’Amérique Latine puisque OUI il existe une version Salsa de I will survive par Célia Cruz. Yo viviré remplit son cahier des charges de manière parfaite : si en écoutant vous n’avez pas envie de vous trémousser, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Et puis c’est autrement plus intéressant que la version officielle bêtement traduite qu’avait enregistrée Gloria elle-même.

Allons faire un tour dans les années 60 avec une autre reprise. Attendez, une reprise qui date d’avant la sortie de l’originale ? Bien sûr ! Avec les Puppini Sisters et leur affirmation tranquille que tout ira bien, malgré la rupture qu’elles encaissent, tout est possible2.

Et si vous n’avez pas quatre minutes pour écouter la version des trois ladies ci-dessus, ou que vous avez envie de vous dérouiller les cages à miel, ou de vous donner la pêche, je vous propose le très énervé et cool cri de survie de Me first and the Gimme Gimmes. Hell yeah I will survive !

Et si la version des Gimme Gimmes affichait encore trop de subtilités, je vous propose pour conclure la rage de Snuff. Je pense que le monsieur est vraiment pas content de s’être fait lourdé. Ça peut se comprendre remarquez…

Bonne écoute !

1 : non je ne vous mettrai aucun lien vers la version de l’une de ces deux rousses, même si elles ont trôné dans les hit-parades bien trop longtemps (11 semaines numéro 1 du top 50 pour Régine, quand même…).

2 : en vrai, les Puppini Sisters n’ont pas de machine à voyager dans le temps et leur version date de 2006.

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